Des moulins aux scieries

Dans le Bugey où le bois abonde, on désignait sous le terme de moulin aussi bien l’usine qui actionnait les scies que celle qui entrainait les meules. On appelait moulin à grain celui qui produisait de la farine, moulin à battre celui qui battait les céréales ou le chanvre. Celui qui faisait des planches, était appelé « moulin à scie ». Souvent ces trois activités étaient regroupées sur un même site, rarement sous le même toit, la farine et la sciure ne faisant pas bon ménage.

 

 


Sous l’Ancien Régime, seul le seigneur avait le privilège de posséder un moulin. Il fallut attendre la suppression des privilèges pour que tous les particuliers, moyennant une autorisation, puisse accéder à la possession d’un moulin. Les abus furent fréquents et de nombreux moulins à scie furent érigés dans ces conditions. C’est sur les territoires d’Hauteville, Lompnes et Cormaranche que les abus furent les plus nombreux.

 

Les propriétaires de moulins à scier répondaient aux besoins locaux et travaillaient pour les marchands de bois des villes. Peu à peu, ils se sont fabriqué une culture bois ainsi qu'une renommée de petits industriels de la campagne. Scieurs accomplis, leurs moulins sont devenus «Leurs scies». Une appellation toujours en vigueur aujourd'hui dans le milieu.

 

 

 

 

En 1920, nous ne comptions pas moins de dix scieries dans les neuf communes d’alors du Plateau d’Hauteville-Brénod ; quelques-unes sont petites, plusieurs même encore hydrauliques, mais cinq sont importantes : une à Cormaranche, une à Thézillieu, et à Hauteville trois dont une tout à fait moderne qui transforme le hameau de Nantuy en un véritable chantier. Aujourd’hui, on en dénombre trois.

 

Après l'ajournement des grandes ventes de 1938 et la sombre période de la guerre, la production en 1945 se remet peu à peu en place avec le retour des prisonniers.

 

 En 1946, plus précisément le 30 septembre, l'Assemblée nationale adopte sans débat le projet de loi relatif à l'institution d'un Fonds Forestier National. Le F.F.N est né. Il sera durant plus de cinquante ans le vecteur incontournable du développement de l'amont de la filière bois (de la forêt à la première transformation). Cette collecte sous forme de taxe chez les transformateurs, scierie et industries mécaniques du bois a été interrompue officiellement le 1erjanvier 2000. Elle a permis de financer en France, pendant plus de cinquante ans, le boisement, la production et la mobilisation de la ressource, mais aussi la recherche et le développement ainsi que la promotion du bois.

 

Cormaranche-en-Bugey et la filière bois

 

La commune  de Cormaranche en Bugey est un peu le cœur vivant de la filière bois du département. Elle accueille depuis 1993 la MFR (Maison Familiale Rurale) des métiers du bois, et depuis 2013, l’École technique du Bois et Visiobois, la maison départementale de la filière bois. Visiobois héberge les bureaux des salariés de FIB01 (Fédération Interprofessionnelle du Bois de l’Ain qui y a son siège depuis 2013), de l’animatrice des chartes forestières du Bugey et de l’animateur des COFOR01 (l’association départementale des Communes forestières de l’Ain).

 

À quelques dizaines de mètres, les deux centres de formation aux métiers du bois se font face. Tous deux dispensent des formations très complémentaires puisque l’un concerne ce que l’on appelle la 1ère transformation du bois (le sciage) et l’autre la deuxième transformation (charpente – menuiserie – couverture).

  • L’École technique du Bois accueille chaque année 30 à 35 jeunes et les prépare aux CAP conducteur ou mécanicien opérateurs de scierie, ainsi qu’à un Bac Pro technicien de scierie. La formation en atelier permet la réalisation de commandes pour des clients avec des équipements professionnels.
  • La MFR couvre un champ plus large en aval, avec trois pôles distincts : la charpente, la menuiserie et la couverture. Pour chacun, les diplômes délivrés sont le CAP et le Bac Pro. Ce dispositif est complété par une formation ingénieur spécialité bois (Bac+5).