Le chanvre

 

Une histoire de transmission des savoir-faire

 

La culture du chanvre revêt une importance historique et culturelle dans le Jura méridional. Ses méthodes de culture, de récolte et de transformation, ainsi que l'importance de la transmission du savoir-faire à travers les générations illustrent le processus complexe qui mène à l'utilisation du chanvre dans divers produits : monnaie d’échange pour payer impôt, amendes ou dettes ; sangle de contention des bovins et liens de parchemins ; produits d’alimentation et de pharmacopée, etc.


Sur le plateau d’Hauteville-Brénod, différents documents en gardent la trace, comme les registres paroissiaux, ceux des notaires, les passeports ou les rôles d’imposition. Ils attestent de l'importance de cette culture, dès 1309 (voir article Yann Cruiziat dans la revue Le Bugey, n° 96, 2009). Des procès-verbaux de bornage de chemin, datant de 1635, témoignent de sa présence massive dans les exploitations.

 

Bornage des chemins de Champdor, 1635. (Archives communales Champdor)
Bornage des chemins de Champdor, 1635. (Archives communales Champdor)

De multiples sources et ruisseaux alimentaient de nombreux routoirs, ces mares des fermes où l’on mettait à rouir les fibres textiles. Les eaux de ces routoirs dégageaient une odeur nauséabonde. Ce procès-verbal, datant de 1635, concerne le bornage des chemins de Champdor. Il enjoint plusieurs propriétaires de nettoyer leurs « punaises », décrivant et signalant ainsi la présence de bassins à rouir.

  

"Dagnière", sur le cadastre rénové de Prémillieu (1961), indiquait une terre où l'on faisait sécher les tiges de chanvre. (ADA/cadastre).
"Dagnière", sur le cadastre rénové de Prémillieu (1961), indiquait une terre où l'on faisait sécher les tiges de chanvre. (ADA/cadastre).

Le chanvre était largement cultivé et son utilisation est encore aujourd'hui visible à travers les toponymes. Beaucoup de lieux-dits rappellent qu’il fut un temps où on cultivait le chanvre. "Cheneverieu","Les Chènevières" sur l’ancienne commune de Thézillieu, désigne des lieux où on le cultivait ; "Le Neyzieu" sur la commune de Prémillieu ou "Naillod" sur celle de Brénod signalaient une terre de rouissage  


Chaque ferme possédait une "chènevière", souvent située sur les meilleures terres. Dans chaque village du plateau, la culture de la plante n’était pas seulement un acte agricole, mais c'était également un héritage culturel, reflétant des pratiques  qui se transmettaient de génération en génération. Le respect des saisons et des méthodes de travail était vital pour tirer le meilleur de la plante.

 

Pour en savoir plus sur les méthodes de culture, de récolte et de transformation du chanvre, ainsi que l'importance de la transmission du savoir-faire c'est ICI. 

 

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Le chanvre : une histoire d'artisanat local