L'art des peintres

Les artistes mentionnés ci-dessous figurent dans le livre  "Regards d'artistes sur le Plateau d'Hauteville-Brénod" à paraitre pour les journées du patrimoine en septembre 2020.

 

L’art est avant tout un langage, parole de la forme, de la matière et de la couleur. Décoratif, narratif, politique, expression d’un sentiment, que cela soit volontaire ou non, il a depuis toujours été le reflet des mœurs et des sentiments d’une époque ou d’une civilisation.

 

Adoration des mages par Pierre Paul SEVIN (1690)
Adoration des mages par Pierre Paul SEVIN (1690)
Cormaranche (place de l'église) par Léon Vermeerbergen (1911-1995)
Cormaranche (place de l'église) par Léon Vermeerbergen (1911-1995)

Le XIXe siècle, des peintres de paysages

Les artistes qui ont peint le plateau d’Hauteville-Brénod entre 1850 et 1900, trouvent leurs origines artistiques auprès de deux groupes : les peintres de Barbizon et les peintres de l'École lyonnaise.

 

Chemin de Lacoux par Florentin Servan vers 1860
Chemin de Lacoux par Florentin Servan vers 1860

Ces peintres aiment peindre une nature qui, à leurs yeux, est restée sauvage et pure. Ils s'attachent avec minutie aux phénomènes naturels, à rendre la réalité d'un vallon, d'une rivière ou d'un chemin boisé. On retrouve ainsi dans leurs œuvres des paysages où prédomine l'eau, à travers la représentation d'étangs, de rivières, de ponts et de scènes de pêche ainsi que l'évocation des brumes dans des paysages comportant, en arrière-plan, des massifs montagneux qui évoquent les montagnes du Bugey.

 

Mais leur manière de peindre, à partir de Viot, s'éloigne de plus en plus de la simple recherche topographique. Ils donnent, à ce moment là, libre cours à l'impression. Le paysage sur la toile devient alors une interprétation très libre de la réalité observée, ce qui les conduits à la production d’œuvres plus émouvantes, différentes. La représentation des Montagnes du Haut-Bugey d'Anthony Viot  (ci-dessous) en est un bel exemple.

Pont de Nantuy par Adolphe Appian

Montagne du Haut Bugey par Anthony Viot


Les peintres du paysage se font maîtres ou professeurs

Un chemin dans les montagnes du Haut-Bugey par Horace Fonville, Huile sur toile. Inv. D. 891.5.1. © Besançon, musée des Beaux- arts et d’Archéologie – Photographie de P. Guenat
Un chemin dans les montagnes du Haut-Bugey par Horace Fonville, Huile sur toile. Inv. D. 891.5.1. © Besançon, musée des Beaux- arts et d’Archéologie – Photographie de P. Guenat

Le premier à ouvrir un atelier de peinture des paysages à Lyon est Nicolas-Victor FONVILLE, dit aussi Fonville père (1805-1856). Avant lui, on apprend le paysage par le biais de la copie de gravure ou en sollicitant les professeurs de l'École des Beaux-Arts. Cet apprentissage se dispense dans un cadre privé. Nicolas-Victor Fonville compte parmi ses élèves son propre fils, Horace. Il lui enseigne sa façon de travailler et les règles picturales qui font sa renommée : obligation de sortir de l'atelier, sac sur le dos, afin de travailler sur le motif dans la campagne environnante, précision et qualité du dessin qui lui provient de son expérience en lithographie.

 

Paul Morgon et François-Auguste Ravier, eux, seront formé par François-Louis FRANÇAIS (1814-1897), peintre, graveur et illustrateur français, rattaché à l'école de Barbizon.

 

Florentin Servan, ou Adolphe Appian vont, quant à eux, transmettre leur savoir-faire aux peintres de l'Ain : Couleurs de grande qualité broyées avec soin, travail par couches successives, modération des effets d'empâtement, utilisation du contre-jour, méticulosité, soins, respect des conventions et des détails etc.

 

 

Lever du soleil dans les brumes de la Lèbe par François-Auguste Ravier
Lever du soleil dans les brumes de la Lèbe par François-Auguste Ravier
Chaumière isolée à Ponthieux par Paul Morgon
Chaumière isolée à Ponthieux par Paul Morgon